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Lettre ouverte : Mettre fin à la détention des enfants et des familles au Canada et aux États-Unis

Le 26 juin 2018.

L’honorable Ahmed D. Hussen
Ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté
Chambre des communes
Ottawa (Ontario)
K1A 0A6

Objet : Fin de la détention des enfants au Canada et aux États-Unis

Monsieur le Ministre,

Nous vous écrivons au nom des formateurs(trices) en travail social à travers le Canada. Au cours des dernières semaines, nous avons tous été horrifiés par la séparation de près de 3 000 enfants de leurs familles qui demandaient asile à la frontière américaine. Nul besoin de faire ici le récit de ces familles dévastées et de ces enfants terrorisés – nous en avons tous été témoins en visionnant les reportages à cet effet. La nouvelle selon laquelle Président Donald Trump a signé un décret mettant fin à la séparation des enfants de leurs parents et imposant plutôt la détention des familles réunies constitue un piètre réconfort.

En tant que formateurs(trices) en travail social, nous ressentons le besoin de dénoncer haut et fort la situation actuelle et souhaitons ardemment éviter tout préjudice à d’autres familles. En plus d’être bien au fait que la détention des enfants va à l’encontre du droit international comme le dénonce vivement l’Organisation des Nations Unies, nous savons aussi que le traumatisme provoqué par la séparation et la détention soudaines des familles peut engendrer de lourdes répercussions à long terme. En effet, il importe de noter que l’American Academy of Pediatrics,1 la Société canadienne de pédiatrie,2 l’American Medical Association,3 l’Association canadienne des travailleuses et travailleurs sociaux[1], la National Association of Social Workers[2] et l’Association médicale canadienne4 ont toutes publiquement dénoncé la séparation des enfants migrants de leurs familles. Comme formateurs(trices) des professionnels aidants d’aujourd’hui et de demain, nous jugeons primordial de parler d’une même voix.

Bien que nous soyons stupéfaits et outrés par la politique de tolérance zéro qu’appliquent les États-Unis, il importe de noter que le Canada autorise lui aussi la détention d’enfants migrants et de leurs familles. Les recherches sont sans équivoque! Cette pratique peut avoir des conséquences à long terme sur la santé mentale des personnes détenues : anxiété, dépression et ESPT, pour n’en nommer que quelques-unes. Il a été démontré que les enfants sont particulièrement susceptibles de présenter une régression en ce qui a trait aux principales étapes de leur développement et de souffrir de perturbation du sommeil, d’anxiété et de dépression.

Depuis 2012, on estime que le Canada a placé plus de 45 000 immigrants en détention administrative, et on s’attend à une hausse des taux d’immigration. Les enfants ne sont pas exemptés de ce traitement inhumain : en 2017, 162 enfants ont été détenus au Canada, et les projections pour l’année 2018 devraient dépasser les chiffres de l’an dernier.

Il est impératif d’agir sans attendre, et nous nous adressons aux dirigeants fédéraux canadiens pour passer à l’action. Nous exhortons le gouvernement canadien à adopter les mesures suivantes sans délai :

  1. Appeler les États-Unis à cesser sa pratique de détention des enfants et de leur famille

Regrouper les familles migrantes en détention implique encore une fois l’incarcération d’enfants et va à l’encontre du droit international. Les conséquences psychologiques, physiques et sociales d’une telle détention sont absolument inacceptables.

  1. Mettre fin à la détention des enfants et à la séparation des familles au Canada

Le Canada ne peut plus fermer les yeux sur le fait que des enfants et leurs familles sont détenus dans le cadre de notre système d’immigration. Rien ne justifie cette pratique, et celle-ci doit cesser immédiatement.

  1. Mettre fin à l’Entente sur les tiers pays sûrs

Cette entente avec les États-Unis repose sur l’idée que les États-Unis sont considérés comme un pays sûr pour les réfugiés demandeurs d’asile. À la lumière de la politique actuelle de « tolérance zéro », il est de plus en plus évident que cela n’est pas le cas. Le Canada doit mettre fin à cette entente afin de respecter ses obligations internationales envers les réfugiés.

Sincères salutations,

 

Susan Cadell, Présidente
CASWE-ACFTS

cc. Le très honorable Premier ministre Justin Trudeau
L’honorable Ralph Goodale, Ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile
L’honorable Ginette Petitpas Taylor, Ministre de la Santé

 

[1] https://www.casw-acts.ca/en/casw-cpa-open-letter-us-zero-tolerance-policy

[2] https://www.socialworkers.org/News/News-Releases/ID/1654/NASW-says-plan-to-separate-undocumented-immigrant-children-from-their-parents-is-malicious-and-unconscionable

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